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Voyage dans le labyrinthe de Chartres… #2

labyrinthe méditation

Dans un précédent article, j’avais présenté le labyrinthe de Bayeux. Ce labyrinthe avait la particularité de ressembler à celui de Chartres mais de ne pas du tout être organisé de la même manière. Pourtant le modèle chartrain se retrouve dans beaucoup de cathédrales gothiques et c’est ce modèle qui est répertorié dans les carnets de Villard de Honnecourt.

Dessin de Villard de Honnecourt

Je montrais dans cet article que le labyrinthe de Bayeux présente un parcours régulier, logique, prévisible. Ce n’est pas le cas de celui de Chartres. Bayeux et Chartres ont en commun une division en 4 parts, que nous appellerons « quadrants ». Dans Bayeux, nous faisons 6 fois le tour du centre quand dans Chartres nous n’en faisons que 3 fois le tour. Mais ce n’est pas la plus grosse différence. Ce qui différencie les 2 labyrinthes, c’est la structure du parcours, prévisible à Bayeux, imprévisible à Chartres. Le parcours du labyrinthe de Chartres a donc une fonction de désorientation ou de lâcher prise, de sorte que le parcourant soit obligé d’abandonner toute tentative de maîtrise logique ou mentale du parcours. Avant d’aller plus loin, prenons connaissance de quelques éléments de compréhension de ce labyrinthe.

Des outils pour comprendre et profiter de ce labyrinthe de Chartres

Le labyrinthe de Chartres est un labyrinthe d’église. Il est donc lié à la religion catholique et a été inclus nécessairement dans des rituels, des cultes, des liturgies.

La localisation

Localisation du labyrinthe de Chartres dans la cathédrale

Nous pouvons aussi imaginer que la place architecturale que prend un labyrinthe dans l’église-édifice était en lien avec la fonction, la symbolique et les usagers de ce labyrinthe. En ce sens, on pourrait émettre une hypothèse sur la raison qui expliquerait la différence de parcours entre Bayeux et Chartres. Le labyrinthe de Bayeux est dans la salle du Chapitre, caché aux regards profanes, à l’usage exclusif des chanoines. Alors que Chartres, Reims, Amiens sont des labyrinthes ouverts à tous les croyants, installés dans la nef des cathédrales. Comme si les chanoines de Bayeux n’avaient pas besoin de la fonction « lâcher prise » que proposent les modèles chartrains. Je vous ferai grâce de l’analyse géométrique ou architecturale de la localisation du labyrinthe de Chartres dans l’édifice par rapport aux autres éléments architecturaux, notamment par rapport à la rosace, à l’autel, au transept, etc. Non pas que ce ne soit pas intéressant mais de nombreux auteurs, plus ou moins érudits, ont fait ce travail en long, en large et en travers. Je me permettrai juste un avertissement : évitez les explications de ceux qui vous trouvent des justifications géométriques exprimées en mètres … Ce n’est pas l’unité de mesure utilisée pour l’édification du bâtiment…
Ce qui semble ici évident et important de signaler, c’est que les labyrinthes de type chartrain se trouvent entre l’entrée et la nef. Ils participent donc de la préparation spirituelle du parcourant dans son évolution dans l’édifice. Les labyrinthes fonctionnent comme des sas entre l’espace profane et l’espace sacré. D’autres labyrinthes sont ailleurs, comme Bayeux dans la salle du Chapitre ou comme Saint-Omer, qui ressemble à un dédale et qui se trouve devant l’autel.

Cette localisation, dans l’édifice religieux, des modèles chartains semble donc participer à leur raison d’être, leurs fonctions, leur tracé particulier, leur charge symbolique.

Le caractère chrétien

Aborder ce labyrinthe de Chartres en obérant la foi chrétienne me semble être une erreur même si le labyrinthe fonctionne aussi pour les non-chrétiens. Je pense que pour le comprendre tout à fait, il faut le replacer dans ce contexte religieux de l’ère gothique, marquée par des courants gnostiques type Templiers. Avec la rencontre renouvelée avec l’Orient, la foi chrétienne et la religion catholique subissent des perturbations (sans jugement de valeur) pendant cette période. Dans cette ébullition religieuse et spirituelle apparaissent des labyrinthes dans les cathédrales. Une marque forte de la catholicité ou la chrétienté de ces labyrinthes gothiques, c’est l’organisation en quadrant qui forme une croix, celle du Christ évidemment.

chartres
Labyrinthe de type chartrain
Labyrinthe de type crétois

La plupart des labyrinthes antiques sont de type crétois où les tours sont complets et non partiels autour du centre comme pour le modèle de Chartres. Les labyrinthes chartrains ont donc 11 niveaux, 11 strates entre l’extérieur du labyrinthe et le centre du labyrinthe. Pourtant on ne fait pas 11 fois le tour du centre mais uniquement 3. Ce fait est directement imputable au fait que le labyrinthe contient une croix et donc qu’il soit lié à la chrétienté. Cette croix divise le labyrinthe en 4 régions. Au centre, on remarque 6 cercles périphériques et un espace au milieu qui laisse penser que le 7eme cercle se trouve au milieu des 6 autres. Ces chiffres : 3 tours, 4 quadrants, 6 ou 7 cercles, 11 strates ou niveaux, devront être abordés dans le contexte de la culture mystique judéo-chrétienne de l’époque.

Autre élément de compréhension important lié à l’aspect religieux de ce labyrinthe, c’est son utilisation dans la liturgie. Il est commun de rencontrer une explication consistant à présenter le labyrinthe comme un succédané du pèlerinage à Jérusalem. Les pèlerins auraient alors pratiqué le parcours du labyrinthe à genou pour remplacer le pèlerinage à Jérusalem. Ce serait la raison pour laquelle le labyrinthe porterait le nom de « Chemin de Jérusalem ». Si cette explication peut avoir une réalité historique, il semble que ce ne soit pas la raison originelle de la présence du labyrinthe dans la cathédrale. En effet, les recherches historiques ont établi que le labyrinthe était lié à la liturgie Pascale. A Pâques, il a existé un rituel où les moines étaient disposés autour du labyrinthe, le supérieur parcourait le labyrinthe au son des psaumes pascales, chantés par l’assemblée. Arrivé au centre, le chef religieux saisissait une pelote jaune, sorte de ballon d’or, et il la lançait à chaque moine, symbolisant ainsi la transmission de la parole du Christ. Le labyrinthe est donc lié à la mort et à la résurrection du Christ que chaque chrétien est invité à vivre à Pâques. Le Centre symbolise alors le tombeau du Christ. Une branche des catholiques de l’époque a donc revisité et utilisé le labyrinthe de Chartres comme support matériel pour vivre dans leur chair ou leur esprit le symbole pascal de mort et de résurrection. En ce sens, le labyrinthe supporte l’initiation chrétienne aux mystères du Christ ressuscité.

Pour cette fête, ce qui est célébré, médité, c’est le fait que Dieu se soit fait chair par Jésus-Christ, qu’il ait partagé la condition humaine, qu’il ait subi la mort, qu’il ait vaincu la mort et qu’il soit ressuscité des morts. C’est avec ces éléments que j’ai abordé le parcours du labyrinthe de Chartres : l’exploration de la condition humaine et matérielle, la mort, la résurrection, l’exploration de la condition spirituelle et divine. Le sens du voyage étant donné, il ne me restait plus qu’à parcourir et vivre le labyrinthe pour trouver la symbolique ou l’intérêt des 4 quadrants, des 3 tours, des 11 niveaux, des 6 cercles et de cette progression d’apparence chaotique.

Mon voyage dans le labyrinthe de Chartres

Lors de cette visite à Chartres pour parcourir le labyrinthe, j’ai évidemment pratiqué plusieurs fois le labyrinthe : en chaussure, pieds nus, avec une intention, sans intention … Tant qu’on y est autant en profiter pour multiplier les expériences !
La première fois que je l’ai parcouru, j’ai évidemment tenté d’intellectualiser. Le mental est présent. Devant une énigme, l’esprit est curieux et la machine à décortiquer, analyser, cogiter s’enclenche. A chaque événement (virage, méandre, saut, …), le mental veut trouver du sens, de la logique, une explication, du raisonnement … À l’épreuve des faits, la succession des événements dans le labyrinthe est si déconcertante que l’esprit lâche prise et cesse de chercher du sens pour contrôler, maîtriser, comprendre. Enfin il accepte qu’il n’y ait pas de sens apparent immédiat. C’est une fonction importante de ce type de labyrinthe. Il est tellement imprévisible, l’esprit ne pouvant pas trouver une logique, une explication évidente et spontanée, que le mental s’arrête de tourner et s’ouvre à l’Ici et Maintenant. Il devient juste sensible. Ne trouvant pas de logique, il lui faut de la donnée, plus de données, pour avoir une chance de trouver une logique, un enchaînement, une cohérence. Comme l’expérience permet l’accumulation de données, l’esprit accepte de faire silence, d’être présent et sensible. Les conditions se réunissent pour atteindre le « lâcher-prise » qui permet de recevoir le message du labyrinthe. Grand bond, méandres, quart de tour dans un sens, quart de tour dans l’autre sens, rapprochement du centre, éloignement du centre, l’esprit se perd et lâche prise, il apprend à ne rien comprendre, à ne plus maîtriser et à faire confiance. Il n’y a qu’un seul chemin. Le labyrinthe de Chartres est conçu de telle manière que nous ne savons plus si on est loin ou proche du but. La position géographique dans le labyrinthe ne dit rien sur notre position sur le chemin. Il ne nous reste plus qu’à faire confiance en ce chemin. Nous savons que si nous restons sur ce chemin, il nous mènera au centre malgré les interrogations, les déconvenues, les doutes, les épreuves… Il faut alors ne plus chercher à comprendre, à maîtriser, à se localiser dans le labyrinthe, il faut juste être là, présent, sentir ce qu’il y a à sentir, regarder les pensées qui traversent notre esprit, visualiser les images qui nous viennent et les laisser repartir… De ce point de vue on peut considérer que le chemin dans le labyrinthe de Chartres et une représentation symbolique de la foi : l’attitude du croyant devant le mystère divin. Cette considération donne tout son sens à une phrase de Jésus : LUC 18 :16 « laissez venir les enfants à moi et ne les empêchez pas car le Royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent ». Le labyrinthe nous apprend, non pas la docilité et l’obéissance mais la disponibilité et la confiance. En nous incitant à être dans l’Ici et Maintenant, le chemin du labyrinthe de Chartres nous invite à retrouver cet état enfantin pour aborder la foi avec légèreté et fraîcheur.

labyrinthe méditation

Le labyrinthe nous apparaît alors comme un être qui nous parle. J’apprends à m’abandonner à lui, à ne rien attendre et à avoir confiance au fait que ce qui va venir sera bon pour moi de toute façon, au fur et à mesure de ma progression dans le labyrinthe, il me paraît comme le Christ, il est le Christ … Une phrase du Christ me revient en tête : JEAN 14 :6 « Je suis le chemin et la vie ». Il est là. Il est vivant. Ce parcours dans le labyrinthe me semble être une allégorie du passage terrestre du Christ. Il me semble symboliser son expérience matérielle, incarnée, préalable nécessaire à sa victoire sur la mort. Il est le Chemin et la Vie. Il est dans ce chemin qui symbolise la route qu’il a ouverte pour passer de l’esprit à la matière et de la matière à l’esprit. Ce chemin du labyrinthe nous permet de revivre symboliquement la vie terrestre du Christ, de revivre son chemin et nous préparer, nous aussi, à accéder à la Vie en Esprit. Dans ce labyrinthe, nous apportons la vie en parcourant le labyrinthe et Il apporte le Chemin. La méditation marchée dans le labyrinthe de Chartres est comme des éléments rassemblés pour redonner vie au Christ. Le chemin et la vie sont rassemblés le temps de la méditation et le Christ est là. J’ai senti cette présence et ce dépassement.

En continuant le voyage avec cette idée que ce chemin symbolisait les épreuves de la condition humaine du Christ, une méditation s’est engagée sur une signification des quadrants qui divisent le labyrinthe en 4 régions. Le labyrinthe symbolise non seulement les épreuves de la condition humaine mais aussi les épreuves de la descente aux enfers. Christ est mort. Dans sa descente aux enfers, il revit symboliquement les épreuves condensées de la condition humaine. Les quadrants symbolisent alors des aspects de la condition humaine :

Quadrant nord-ouest : la matérialité. L’expérience de la vulnérabilité, de la dépendance à un écosystème, à une société humaine, à la nourriture, à l’eau, à l’air, au soleil…

Quadrant nord est : la sensibilité. L’expérience des sens, des émotions, des sentiments, de la jouissance, des tensions ou de l’égrégore.

Quadrant sud est : la conscience. Conscience de soi, des autres, de la nature. Prendre conscience de l’interconnexion. Être capable de s’observer et de raisonner dans l’abstraction.

Quadrant sud-ouest : l’œuvre. L’expérience, l’art, l’action sur le monde et dans le monde… C’est l’exercice et l’expression de la singularité de l’individu selon les talents et missions confiées par Dieu. La capacité créative et bâtisseuse de l’Homme.

En me faisant passer d’un quadrant à un autre en progression ou en régression, dans un sens ou dans l’autre, le Chemin me fait méditer sur la condition humaine et ses différents aspects. Après avoir descendu au plus bas des enfers, l’ascension vers le centre peut s’effectuer enfin. Une fois au centre il m’a paru évident qu’il fallait passer par les 6 cercles périphériques avant de stationner au centre du centre, le Saint des Saints. Le chemin du retour m’a permis de revivre l’expérience et l’intégrer pour en nourrir ma vie réelle, matériel, quotidienne que je retrouve en sortant du labyrinthe. Au chemin aller le labyrinthe nous fait passer de la matérialité à la spiritualité et au chemin retour, le labyrinthe nous fait passer de la spiritualité à la matérialité. En ce sens nous pratiquons le chemin à l’inverse du Christ. Lui a ouvert le chemin de la spiritualité vers la matière puis de la matière vers l’esprit. C’est ce que symbolise la croix : un chemin qui traverse la frontière entre le Haut et le Bas.

Analyse de la structure du parcours

À la première observation quand on est face au labyrinthe, nous voyons clairement se dessiner une fleur. Évidemment avec les cercles au centre qui forment les pédales mais aussi avec 4 grands sauts qui forment la tige et avec les 2 boucles particulières l’initiale et la finale qui forment les feuilles … Cette fleur s’inscrit dans la croix, ce qui ramène à un autre symbole chrétien : la rose croix. Les premiers pas dans ce labyrinthe sont stupéfiants. Nous sommes projetés d’abord de l’extérieur vers la 5e strate pour dessiner la première feuille de la rose puis de la 6e strate à la 11e, celle la plus proche du centre ! Ce labyrinthe nous fait toucher le Graal dès le début, comme pour nous mettre en appétit, exciter notre faim et notre soif afin de nous tenir en haleine pendant tout le long du parcours. Comme si l’espérance de retrouver cette félicité si facilement atteinte, était un moteur de motivation pour continuer et surmonter les épreuves et les obstacles. Ce premier mouvement est déjà inspirant ! Il nous est permis de découvrir la moitié des mystères de la 11e strate dès le début de notre parcours ! Si nous nous permettons un parallèle avec la vie chrétienne,  on pourrait dire que le grand saut de l’extérieur à la 5e strate c’est l’élan primordial vers Dieu ; le premier méandre quart de tour 5e et 6e strate, c’est les premiers enseignements qui permettent la rencontre avec le Christ, son amour et son enseignement ; et le grand saut de la 6e à la 11e c’est l’ascension permise par l’ouverture, la fraîcheur, la disponibilité du nouveau croyant. Ce premier mouvement me fait encore penser à la parole du Christ : (MARC 10 : 14) « laissez venir les enfants à moi… ». Ceux qui abordent la foi avec l’esprit de l’enfant, ouvert, curieux, confiant auront accès à la moitié de la strate la plus élevée ! C’est dire l’importance de cette disponibilité, ce rapport enfantin, cette fraîcheur d’esprit … Nous sommes invités à laisser tout calcul, mental, ego, stratégie, objectivation, il faut juste entrer en confiance, spontanéité presque naïveté.

Capture d’image de l’application Labyrinth Journey

Ensuite c’est la redescente : retour au premier quadrant par la 10e strate, visite de ce premier quad rang en descendant : 10,9 ,8 7 … Une invitation à ancrer, matérialiser, intégrer cette première expérience fulgurante de l’approche du centre-mystère. Ce premier quadrant pourrait être le quadrant de la terre-élément.

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Les symboliques des 4 quadrants que nous pouvons tester sont :

Les 4 éléments

Les 4 évangélistes

Les 4 fleuves du jardin d’Eden

Les 4 chevaliers de l’apocalypse

Les 4 lettres du tétragramme de Dieu

À la 7e strate, nous sommes envoyés au 2e cadran, déjà visité à la 11e strate et 10e strate et nous remontons vers cette expérience : 7e, 8e,9e … comme si après une première intégration nous pouvions aborder d’autres mystères et acquérir d’autres connaissances, reprendre une ascension vers le Centre-Mystère …

La 9e strate nous emmène au 3e quadrant, pour approfondir nous devons changer de quadrant et nous poursuivons l’ascension : 10e et 11e strate qui nous emmène au 4e quadrant !

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Ainsi pour ce premier tour du centre nous avons visité les plus hautes sphères et la plus haute, la 11e dans sa totalité ! Les plus hauts mystères avant le centre sont offerts et accessibles pour le croyant novice ! L’essentiel nous est enseigné lors de ce premier tour… Ce premier tour peut s’apparenter à l’apprentissage où nous découvrons La théorie, le sens profond, les principes de base, où tout pourrait paraître simple… Pourtant, malgré la proximité, nous ne sommes pas rendus…

Le zèle du débutant, lui a fait découvrir des choses mais à l’issue de ce premier voyage autour du centre il n’est pas dans le centre.

Le 2e tour commence par une descente pour visiter les hautes sphères du 4e quadrant : 11,10 ,9 ,8. La 8e strate renvoie au 3e quadrant et on redescend : 8,7 ,6.

La 6e strate nous fait encore reculer d’un quadrant pour visiter le 2e quadrant où la descente continue : 6,5 ,4. La 4e strate aussi nous renvoie au quadrant précédent, le premier quadrant, où nous finissons notre descente : 4, 3 ,2.

Le 2e voyage se termine là. Il a été une longue descente de strates en strates, de quadrant et quadrant… Mais peut être que ce n’est pas une déchéance ou une chute mais l’application méticuleuse, méthodique, scrupuleuse, patiente de ce qui a été acquis au premier voyage. Une forme d’incarnation d’un enseignement. Ce voyage a traversé les 4 quadrants tous les aspects de la vie, les 4 éléments, les 4 points cardinaux … Dans ce voyage nous avons fait redescendre l’enseignement dans la matière sous tous les angles. Nous avons mis l’enseignement théorique à l’épreuve du réel. Nous nous sommes éloignés du centre, nous avons fait notre pas de côté. Ce voyage peut être assimilé au compagnonnage où le compagnon voyage aux 4 coins du monde pour gagner en habileté, éprouver son métier et son art jusqu’à être retourné à son point de départ.

Le 3e et dernier voyage commence par la visite de la plus basse strate du quadrant 1 au quadrant 2, où l’ascension reprend sur la 2ème et 3e strate.

3e strate qui envoie au 3e quadrant où l’ascension continue 3,4 ,5. 5e strate qui envoie au 4e quadrant mais là, l’ascension laisse place à la descente …

Après s’être méticuleusement approché du centre, le voyageur subit l’erreur et chute : 5,4 ,2 … Il continue de descendre dans les basses sphères. La 2e strate l’envoie au 3e quadrant où il descend jusqu’à la première strate.

Cette chute le ramène quasiment au point de départ au 4e quadrant. Mais ce qui l’attend ici, c’est un premier saut de lucidité ou de bénédiction de la 1ère à la 5e strate puis la 6e strate, le temps de comprendre et d’intégrer ce qui vient de lui arriver, comprendre qu’il fallait que la chute advienne ainsi, que ce fut pénible mais que cela avait un sens…

Et enfin, le grand saut, le dernier grand bond qui amène au centre et fait partager la condition divine, des saints, des Anges et de la Trinité… Au centre, il se place successivement dans les 6 cercles avant de profiter pleinement du 7e ciel au centre du centre, le Saint des Saints…

Ce 3e voyage qui s’est terminé avant la grande et rapide ascension finale, est le voyage de la maîtrise où il a fallu reprendre les bases, reconstruire, inventer, essayer, se tromper, corriger, reprendre, comprendre pour maîtriser son art et conserver l’humilité de l’éternel apprenti. Au cours de ce voyage, le voyageur a mis trop de confiance dans son égo et il a chuté. En chutant, en rectifiant son égo, il est devenu maître. Pas de maîtrise sans innovation et sans échec. Alors le maître-devenu peut s’asseoir parmi les maîtres-accomplis au centre…


Le voyage retour sera une intégration de ce parcours initiatique, une aventure à suivre !