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Le labyrinthe à 5 circonvolutions 1/2

labyrinthe 5 circonvolutions

Après vous avoir présenté le labyrinthe à 3 circonvolutions, labyrinthe le plus simple, voici la suite de la série : le labyrinthe à 5 circonvolutions.

Petit rappel : un labyrinthe n’est pas une forme où on se perd mais au contraire on s’y trouve. Le mouvement à l’intérieur du labyrinthe va de l’extérieur vers le centre (l’aller) et du centre vers l’extérieur (le retour). La progression à l’intérieur du labyrinthe s’effectue en passant d’une circonvolution à une autre. Le labyrinthe sert ainsi à passer d’un monde à l’autre en traversant toutes les circonvolutions qui servent de sas.

relire l’article sur le labyrinthe à 3 circonvolutions

méditer avec les labyrinthes

Ma thèse, c’est que les labyrinthes font partie des formes géométriques sacrées et sont des outils initiatiques ou du moins nous pouvons nous en servir comme tel. Tout dépend si le sens et la progression que nous leur accordons sont stables, robustes, logiques, profitables, fertiles…

Tout d’abord, il y a un parallélisme entre l’évolution des labyrinthes (3 circonvolutions, 5, 7, …) avec l’évolution initiatique que l’on peut retrouver par exemple en Franc-Maçonnerie ou dans le compagnonnage : le grade d’apprenti est associé au nombre 3, le grade de compagnon est associé au nombre 5 et le grade de maître au nombre 7.

De la même manière, les labyrinthes progressent dans cet ordre quand ils sont dessinés à partir de la croix qui sert de matrice.

croix labyrinthe
Croix matricielle des labyrinthes

Reprenons donc cette croix et voyons comment se dessine le labyrinthe suivant.

A la croix, se rajoute le motif de l’équerre. Pour se rappeler de la technique du tracé du labyrinthe à partir du schéma de base, voir l’article sur le labyrinthe à 3 circonvolutions.

Si nous ajoutons une équerre, le labyrinthe ne fonctionne pas : la forme obtenue n’est pas un labyrinthe.

labyrinthe
Croix matricielle à une équerre
labyrinthe
forme obtenue
labyrinthe
Ce n’est pas un labyrinthe…

Essayons avec 2 équerres et plaçons-les en haut :

labyrinthe 5 circonvolutions
Croix matricielle avec 2 équerres en moitié haute

La forme obtenue crée bien un chemin qui va de l’extérieur vers l’intérieur sans discontinuer, c’est un labyrinthe comportant 5 circonvolutions.

labyrinthe 5 circonvolutions
Forme obtenue…
labyrinthe 5 circonvolutions
… c’est bien un labyrinthe !

Essayons maintenant avec 2 équerres en bas de la forme de base :

labyrinthe 5 circonvolutions
Croix matricielle avec 2 équerres en moitié basse

La forme obtenue est là encore un labyrinthe à 5 circonvolutions mais de progression interne différente.

labyrinthe 5 circonvolutions
Forme obtenue…
labyrinthe 5 circonvolutions
… c’est bien un labyrinthe !

Continuons notre test et ajoutons 2 équerres sur un côté :

labyrinthe 5 circonvolutions
Croix matricielle avec 2 équerres sur le côté.

La forme obtenue n’est pas un labyrinthe.

labyrinthe 5 circonvolutions
La forme obtenue n’est pas un labyrinthe !

Pour finir d’exploiter les possibilités, essayons le tracé obtenu en partant de la croix de base avec 2 équerres en opposition.

labyrinthe 5 circonvolutions
Croix matricielle à 2 équerres en opposition

La forme obtenue n’est encore pas un labyrinthe.

labyrinthe 5 circonvolutions
Forme obtenue…
labyrinthe 5 circonvolutions
… ce n’est pas non plus un labyrinthe.

Pour former un labyrinthe à 5 circonvolutions, les seules combinaisons possibles sont la croix de base avec 2 équerres en haut ou en bas.

Intéressons-nous maintenant aux 2 labyrinthes obtenus avec ces combinaisons :

labyrinthe 5 circonvolutions

Avec les équerres en haut nous obtenons la progression suivante : 1, 2, 5, 4, 3 ; Centre, 3, 4, 5, 2, 1. Cette progression ne présente pas d’intérêt particulier pour l’initiation. Nous ne retrouvons pas l’enseignement acquis avec le labyrinthe à 3 circonvolutions, nous ne pouvons donc pas établir une continuité initiatique entre ce labyrinthe et le labyrinthe à 3 circonvolutions.

labyrinthe 5 circonvolutions

Avec les équerres en bas nous obtenons la progression interne suivante : 3, 2, 1, 4, 5, centre, 5, 4, 1, 2, 3. Dans cette progression, nous retrouvons l’ensemble 1, 2, 3 du labyrinthe à 3 circonvolutions. Si le labyrinthe à 3 circonvolutions correspond au grade d’apprenti et que le labyrinthe à 5 circonvolution correspond au grade de compagnon, nous ne pouvons que constater que cette forme propose de revisiter le grade d’apprenti. Ce labyrinthe commence même par la dernière séquence du labyrinthe à 3 circonvolutions, la continuité est donc établie entre les 2 labyrinthes. Le labyrinthe au grade d’apprenti nous apprend à aller au 3, en passant par le 1 et le 2 et ce labyrinthe au grade de compagnon commence par le 3, c’est-à-dire par la connaissance acquise au grade précédent.

Le voyage aller dans ce labyrinthe à 5 circonvolutions débute donc en reprenant le voyage retour du labyrinthe à 3 circonvolutions (3, 2, 1). La progression est linéaire (les chiffres se suivent) et négative (les chiffres décroissent). Ensuite le labyrinthe 5 nous propose une progression linéaire et positive après un grand bond 1,4, pour faire 4, 5, Centre.

Ce grand bond se retrouve aussi dans les traditions initiatiques maçonniques ou compagnonniques : le pas de côté, le voyage, le Tour de France des Compagnons, … L’aspect initiatique de ce labyrinthe à 5 circonvolutions se confirme encore ici : continuité avec le labyrinthe « apprenti », pas de côté, et progression linéaire positive vers apprendre quelque chose de nouveau.

Le voyage retour Centre, 5, 4, 1, 2, 3 commence par un parcours dans les nouvelles circonvolutions 4 et 5, cette fois avec l’apport de la connaissance du grade de compagnon découverte au voyage aller et acquise au Centre. Dans la même logique que la progression dans le labyrinthe 3 : on apprend lors de la progression linéaire positive, on intègre au centre la connaissance, on applique la connaissance lors de la progression linéaire négative.

Puis le voyage retour continue en nous faisant parcourir les 3 circonvolutions du grade d’apprenti selon la progression linéaire croissante : 1, 2, 3 après le grand saut ou pas de côté 4, 1.

Ainsi, il nous invite à revisiter l’expérience au grade d’apprenti mais cette fois à la lumière de la connaissance du compagnon. De cette façon, cette partie du voyage retour correspond à l’adage initiatique qui prévient l’initié qu’il est toujours un éternel apprenti. Là encore, ce labyrinthe à 5 circonvolution montre son intérêt initiatique.

Cette forme (en démarrant avec les équerres en bas) de labyrinthe à 5 circonvolutions possède donc un intérêt initiatique à mes yeux :

  • Continuité avec le labyrinthe au grade d’apprenti par la reprise de son voyage retour en progression linéaire négative 3-2-1
  • Pas de côté ou grand saut initiatique 1-4
  • Nouvelle découverte par progression linéaire positive 4-5-Centre
  • Formalisation et intégration de la connaissance au Centre
  • Approfondissement et mise en pratique de la nouvelle connaissance par progression linéaire négative Centre-5-4
  • Pas de côté / grand saut initiatique 4-1
  • Réitération de la découverte de l’apprenti avec l’éclairage du compagnon par progression linéaire positive 1-2-3

Ce labyrinthe nous fait donc entrer et sortir à la 3ème circonvolution du grade d’apprenti. Il nous renvoie dans le monde comme apprenti accompli.

Maintenant que nous avons fondé l’intérêt initiatique de cette forme de labyrinthe à 5 circonvolutions avec les équerres sur la moitié basse de la croix de base, nous allons chercher ce que peut être son enseignement.

A suivre…

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« Connais-toi, toi-même »

labyrinthe connais toi toi meme

Cette maxime, nous la connaissons tous. Elle était gravée non pas sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes mais sur les murs du pronaos du Trésor des Athéniens, sorte de mini-temple offert par les Athéniens sur la voie sacrée qui mène au temple d’Apollon.

Panneau explicatif du Trésor des Athéniens à Delphes

« Connais-toi, toi même » est au commencement de tout parcours initiatique formulée d’une manière ou d’une autre. C’en est même l’alpha et l’oméga, le but et le chemin, la fin et le moyen.

Cette injonction est commune à tous les chemins qui réellement à élever les humains dans leur humanité.

Que veut-elle dire ? Quelle consistance lui donner ?

Je me connais, je sais où j’habite, comment je m’appelle, qui sont mes parents, ma famille, mon histoire, mon origine, mes joies, mes peines, mes désirs, mes frustrations, mes espérances, mes idéaux…

Est-ce bien de cela dont il s’agit ?

En partie, mais pas en totalité car pour cela il n’est pas nécessaire d’emprunter un Chemin particulier ou choisir la stimulation d’une école ou d’une tradition comme la franc-maçonnerie ou l’alchimie.

Il s’agit de cela mais pas que. Pour se connaître soi-même, il faut apprendre à s’observer. Pour s’observer il faut se détacher, prendre du recul. Arriver à être à la fois le sujet observateur et l’objet observé. D’abord le faire hors de l’action, après coup, dans le silence et le secret de l’intimité.

Jusqu’ici, rien de nouveau, c’est assez évident.

Trésor des Athéniens à Delphes

Il nous faut aussi une grille d’observation. La science peut nous en fournir. Je suis un humain donc les lois qui me gouvernent sont propres aux humains dont certaines sont communes avec les animaux et plus largement avec tous les être vivants. Il me faut donc étudier l’humain, les animaux, les être vivants et voir comment cette science se manifeste en moi. Par exemple si on considère que les humains oscillent entre 4 grandes émotions Joie, Peur, Tristesse, Colère, l’introspection me sert à prendre conscience ce qui déclenche chaque émotion dans ma vie.

Nous ne pourrons évidemment pas collecter toutes les sciences et en comprendre toutes les subtilités, surtout quand nous ne sommes pas nous même scientifiques mais se connaître soi même passe par chercher à comprendre les fonctionnements de l’humain et les observer en nous pour mieux nous comprendre en tant qu’être vivant, animal, sapiens sapiens.

Ce n’est pas encore cela que nous trouvons sur un chemin initiatique malgré la nécessité de ce travail de se penser et s’observer comme un spécimen particulier des êtres vivants, animaux, sapiens sapiens.

Ce qui fait l’expérience initiatique c’est la découverte de soi.

Si la conscience de nos goûts et dégoûts, nos intérêts et nos défaveurs, dénis et refoulements, désirs et frustrations nous fait découvrir notre moi qui s’incarne dans la vie matérielle ce n’est pas dans cette vie là que nous ferons l’expérience du soi.

« Connais-toi, toi-même » parle de « toi ». C’est une injonction que l’on reçoit en tant qu’individualité. Le « toi » s’adresse au moi et au soi, de mon point de vue. Et aussi au « ça », c’est à dire à notre essence : une être vivant, un animal, un sapiens sapiens.

Il nous reste le soi.

Vue sur le site de Delphes

Je le comprends comme faire l’expérience intime et secrète de la singularité et de l’unicité de la vie qui m’anime, moi et pas un autre, ici et pas ailleurs, maintenant et pas en un autre temps. Cette expérience se détache du vécu, de la vie matérielle, des soucis ou des joies. C’est sonder cette vie qui m’est donnée et qui m’anime. Connaître ce soi, unique et singulier par essence. Alors que le moi tire sa singularité et son unicité de son existence, c’est à dire de l’expérience matérielle : les confrontations dans le réel ; le hasard des connexions neuronales qui me font réagir aux stimuli d’une manière plutôt que d’une autre ; les réflexes ; les émotions et les comportements.

Le Soi existe quoiqu’il arrive et n’est pas soumis aux influences extérieures. Il n’a pas d’histoire. Nous en prenons conscience quand nous nous remémorons à nous-même, quand nous tentons de saisir en nous l’instant présent, quand nous nous observons vivre, être de la matière animée… Si le Moi évolue, le Soi est immuable.

« Connais-toi, toi-même » est un chemin où la connaissance du moi, du ça et du soi sont chacune nécessaires. Aucune n’est suffisante. Aucune n’est plus importante ou plus noble que les 2 autres. Pour se connaître, il est important de réaliser ces 3 travaux sur notre « toi », travail sur le moi, travail sur le ça et travail sur le soi. Rien de trop, ces travaux doivent être équilibrés.

labyrinthe connais toi toi meme

La quête est déjà en soi infinie mais les perspectives ne s’arrêtent pas là, la maxime continue ; « Connais-toi, toi-même et tu connaîtras le Monde et les Dieux ». Je vous laisse méditer là-dessus.

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Mon Credo

meditation amoureux

Je crois que si Dieu existe il ne peut être qu’amour. S’il est présenté comme autre chose, c’est une invention, une subversion, une imposture, une manipulation. Si bien que je n’accepte que ce que ma conscience considère comme acceptable. Une connaissance acceptée sans comprendre est un dogme, ce n’est pas une connaissance. N’allez pas plus loin que ce que peut votre conscience. A chaque jour suffit sa peine.

Je crois que comme Dieu n’est qu’Amour, il nous a fait libre, à nous de devenir conscient et responsable, attributs divins. Puisqu’il est amour, Dieu ne peut rien nous imposer par la Force, il s’offre, il est comme les petits. Puisqu’il est ainsi, il est protégé et ne se révèle qu’à ceux qui se reconnaissent dans le Sermont de la Montagne. Il n’est pas non plus vengeur, colérique, autoritaire… Il est juste le Créateur, principe, Etre ou énergie, son nom est imprononçable car Il est insaisissable… Si nous connaissons des déboires, ce n’est pas Lui mais les conséquences de nos actes déséquilibrés, individuels ou collectifs, qui en sont responsables.

Je crois que Jésus est l’Arbre de Vie et que par lui nous devons réaliser le Grand Oeuvre. Il a trouvé le Chemin pour aller de l’Esprit à la Matière et de la Matière à l’Esprit. Il est venu nous initier aux techniques, à nous de bâtir. Il est le Maître, nous sommes les Compagnons et Apprentis. Je crois que son enseignement n’est révélé dans la Bible que par une lecture à l’aide de la Clé “Aime ton Prochain comme toi-même”.

Je crois que le Grand Oeuvre, ou Règne de Dieu, est l’Amour Inconditionnel, la vie en esprit, conscient et responsable globalement et totalement. Le Grand Oeuvre est à réaliser en nous même et dans le Monde. Le Règne de Dieu est aujourd’hui en chacun si nous le voulons et il sera demain dans le Monde quand nous serons suffisamment.

Je crois que Dieu est partout dans la Création. Pour progresser vers Lui, il faut réunir ce qui est épars. Ce qui suppose coopérer avec le reste de la Création. Humain, animal, végétal, minéral, chacun a un talent confié par Dieu. Par ce talent nous parachevons l’Oeuvre de Dieu. L’Oeuvre n’est donc pas finie, elle sera parfaite quand elle se sera perfectionnée elle-même. Voici le plan de Dieu : Il laisse son Oeuvre libre et responsable d’elle-même et doit accéder à son parachèvement par ses propres moyens et les enseignements divins.

Je crois que les Eglises ont oublié qu’elle devait initier ceux qui veulent connaître (voir arcane 5 du tarot, celui qui lève la tête et les bras est ignoré alors que celui qui baisse la tête en prière est préféré). Ceux qui veulent se mettre en recherche doivent alors se constituer en loge, loin des apparats, de l’obéissance, de l’autorité, des hiérarchies, du bruits et de l’agitation. Dans le secret et la discrétion.

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Jean 5, 31-47 L’Amour de Dieu comme clé des Ecritures

Spéculation spirituelle et personnelle sur l’évangile de Jean

Le texte biblique

L’évangile de Jean se distingue des 3 autres évangiles par sa composition, son ordre, son style et ses sources. Il est considéré comme symbolique. Je présente mon travail spéculatif sur cet évangile particulier.

Ce passage appartient à la réponse de Jésus aux juifs offusqués du fait que Jésus non seulement n’observe pas le Sabbat mais en plus se prend pour le fils de Dieu… Blasphème !

Jésus parle ici de sa relation avec Jean. L’ordonnancement des pouvoirs et des accomplissements entre eux. Jean a rendu témoignage à Jésus. Jean est la lampe allumée qui attire ceux qui la voient. On est toujours initié par un maître, quelqu’un de plus éclairé. Jean brille, il est capable d’initier, c’est un maître. Il est capable de donner du sens, d’extraire les esprits de la cage matérielle dans laquelle ils sont prisonniers.

Mais Jésus annonce qu’il n’a pas besoin qu’un autre homme lui rendent témoignage car ce qui lui rend témoignage, ce sont ses œuvres, celles de son Père-Dieu à travers Lui.

Mais il met en garde, il leur dit : “Vous ne pouvez pas voir ces témoignages de Dieu”. Ils sont hors de portée, hors de vision, hors d’audition, … Ce n’est donc pas avec les sens matériels que nous pouvons prendre conscience du témoignage que Dieu-le-Père fait à Dieu-le-Fils.

Il continue en critiquant la référence fondamentaliste aux Ecritures. “Vous scrutez les Ecritures parce que vous pensez acquérir par elles la vie éternelle”. Là, il ne s’attaque pas aux Ecritures en elles-même mais à la façon dont on les aborde, dont on les utilise. Il leur dit qu’ils ont beau les étudier, ils ne comprennent pas ce qu’elles contiennent puisqu’elles lui rendent témoignage et qu’ils sont incapables de le comprendre. Il y a donc une façon d’étudier, de comprendre les Ecritures. Après le sens, Jésus s’attaque à l’intellect. Ce n’est pas avec l’intellect pur qu’on comprend Dieu.

Jésus marque ensuite sa différence ou veut nous parler encore de la différence entre le monde spirituel et le monde matériel : “La gloire, je ne la tiens pas des hommes”. Ce n’est donc pas une gloire de même nature que celle dont les “grands hommes” jouissent auprès des autres hommes. C’est une gloire intime et secrète pour le monde matériel et peut-être splendide et magnifique dans le monde spirituel. Mais les insensibles au monde spirituel ne peuvent voir cette gloire de Dieu-le-Fils.

Et là vient une sentence :” Mais je vous connais, vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu”. Voila la clé. Voila ce qu’il faut pour comprendre les Ecritures, pour être conscient du sens des œuvres de Jésus, pour être sensible à sa Gloire qui appartient à un autre monde. L’Amour de Dieu est la porte d’accès, le lien, le pont, le code de déchiffrage.

Reste à savoir s’il s’agit de l’Amour qui appartient à Dieu (le divin amour) et qui serait en nous ou si c’est l’amour que nous portons à Dieu. Pour ma part, je crois que c’est la première assertion : l’Amour qui appartient à Dieu. Cet Amour n’est pas seulement sentiment mais énergie, philosophie, système.

C’est en chaussant les lunettes de l’Amour que l’on comprend le sens des Ecritures et que nous pouvons en extraire des enseignements utiles et déterminants pour notre développement spirituels. Et aussi pour en séparer ce qui relève de la superstition, de l’oppression intellectuelle ou de la religiosité obscurantiste.

Dans la fin du passage, Jésus illustre encore cette thèse : il faut quitter le monde matériel et ses règles, ses usages, ses coutumes, quitter sa zone de confort dirait-on aujourd’hui, changer ses bases de compréhension, sa grille d’analyse pour toucher du monde spirituel. Il faut quitter l’état de machine qui suit des préceptes, des règles, des coutumes pour laisser vibrer les Ecritures en soi et découvrir en quoi elles nous apprennent à aimer plus juste et plus fort. En comprenant les Ecritures par l’Amour, en prodiguant cet Amour, c’est ainsi qu’on rend témoignage au Fils et au Père/

Après un passage comme celui-là on peut être amener à se demander “Et s’il revenait aujourd’hui, est ce que la même situation pourrait avoir lieu ?”. Malheureusement, je crois que oui, tant nombre de chrétiens lisent et comprennent les Ecritures avec leurs sens et leur intellect mais pas avec l’Amour de Dieu. Pour être conscient de cet Amour de Dieu, il faut un travail personnel et intime. La religion ne permet pas cela, elle peut même le combattre car il libère.

 

<- Jean 5, 18-30 La nature trinitaire de Dieu expliquée par Jésus

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Jean 5, 18-30 La nature trinitaire de Dieu expliquée par Jésus

Spéculation spirituelle et personnelle sur l’évangile de Jean

Le texte biblique

L’évangile de Jean se distingue des 3 autres évangiles par sa composition, son ordre, son style et ses sources. Il est considéré comme symbolique. Je présente mon travail spéculatif sur cet évangile particulier.

Les juifs religieux de l’époque présents au moment des faits sont choqués que Jésus viole le Sabbat et qu’il revendique l’essence divine. C’est sûr, si quelqu’un se présente comme le Fils de Dieu, on le prendra d’abord pour un fou. Encore plus pour nous chrétiens, puisque nous avons déjà notre “Fils de Dieu” ! Alors s’Il revenait, pas sûr que nous le reconnaîtrions !

Jésus se lance alors dans un fragment d’enseignement sur l’essence trinitaire de Dieu et plus spécifiquement sur la relation entre Dieu-le-Pere et Dieu-le-Fils dans la Trinité Pere-Fils-Saint Esprit. La pensée ternaire ou dialectique consiste à équilibrer et dépasser 2 propositions par une troisième : thèse, anti-thèse, synthèse. Le premier terme est souvent considéré comme le terme positif, le second comme le terme négatif et le troisième comme neutre ou équilibrant. Mais Jésus n’est pas le négatif de Dieu, ce n’est pas le Diable ! La valeur de la relation entre Dieu-le-Pere et Dieu-le-Fils semble plutôt tenir de l’actif et du passif. Pourtant Jésus n’est pas un passif à nos yeux ! Il agit même ! Il nous enseigne que pourtant s’Il porte l’action dans le Monde, Il n’en possède pas la Volonté.  A Dieu-le-Pere la Volonté, à Dieu-le-Fils le Jugement, c’est à dire le discernement, l’intelligence, la compréhension de l’environnement immédiat pour pouvoir y adapter une action afin qu’elle soit efficace. Le fait que Dieu-le-Fils ait l’intelligence, nous le comprenons par ces mots “Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils”. Si Dieu-le-Pere est l’Architecte, Dieu-le-Fils est le chef de chantier. Il projette la Parole, l’Esprit dans le Réel, la Matière. Il n’est donc pas le négatif de Dieu-le-Pere mais son complémentaire. A la manière du Yin et du Yang synthétisés par le Tao, autre symbole ternaire.

Dieu-le-Pere possède la vie , Il est le principe premier mais ne peut rien faire seul. Il ne s’applique pas lui-même à la nature. Il lui faut pour celà Dieu-le-Fils qui connaît le Monde et donc peut juger selon l’Esprit de Dieu-le-Père. Si Dieu-le Pere est l’Ame de la Trinité, Dieu-le-Fils en est le Corps. On pourrait dire avec des mots modernes et technologiques que Dieu-le-Fils est l’application terrestre et temporelle de Dieu-le-Pere. Il le dit clairement : “Je ne peux rien faire de moi-même”. Ce n’est pas un choix d’une vie humble, dévouée et désintéressée, pour Lui c’est sa nature ! Il n’a pas le choix, ce n’est pas Lui qui a la Volonté, lui Il a le Jugement, les clés, c’est à dire l’exercice de l’Intelligence. “Je ne cherche pas ma Volonté, mais la Volonté de Celui qui m’a envoyé”. Dieu-le-Pere a bien un rôle actif dans la trinité et Dieu-le-Fils un rôle passif. Dieu-le-Fils n’a pas le choix, mais nous, nous l’avons. Nous pouvons choisir d’obéir à notre seule volonté propre ou à la Volonté de Dieu plus ou moins intégralement. Le problème est d’être initié à cette Volonté du Père. Car qui peut prétendre connaître la Volonté de Dieu-le-Pere, sinon Dieu-le-Fils ? En esprit nous pouvons l’approcher, toujours nous devons le chercher. Jésus nous invite à cela et à s’y conformer en ayant conscience que nous pouvons nous tromper dans notre compréhension de cette Volonté. Et Jésus ne nous dit pas de faire en sorte que les autres obéissent à la volonté de Dieu, il ne s’agit que de nous-même ! Seul Lui peut juger ! Pas les religieux et autres maîtres spirituels. Ainsi tous ceux qui revendiquent la connaissance de la volonté de Dieu et veulent l’imposer aux autres, à la société, tous ceux là sont dans l’erreur, de fait. Le fait même que l’intelligence et la connaissance et donc le Jugement appartiennent à Dieu-le-Fils et à lui seul et non à ses représentants autoproclamés, devrait nous faire toujours préférer et défendre la laïcité. La laïcité c’est aussi la reconnaissance que nous ne sommes pas Dieu-le-Fils. Aussi, ceux qui prétendent connaître et représenter la volonté de Dieu blasphèment, car ils se prennent pour Dieu-le-Pere alors que ce ne sont que des humains.

Jésus nous dit que ceux qui auront entendu et cru à la voix de Dieu-le-Fils connaîtront la vie éternelle, sortiront de la mort pour aller vers la vie.  Aujourd’hui je suis bien vivant, alors de quelle vie parle Jésus ? En quoi si je l’écoute et le crois, je vais passer de la mort à la vie ici et maintenant ? De quelle mort s’agit il ? De quelle vie s’agit il ? Pas la biologique puisque je suis déjà envie. Je crois qu’il s’agit  de la vie en Esprit. La vie en Matière nous est donnée et nous avons le libre choix de naître à la vie en Esprit. Qu’est ce que celà veut dire ? Certainement ne plus obéir uniquement à notre volonté propre et nos intérêts particuliers mais intégrer dans nos actions et nos décisions la volonté universelle, celle de l’Univers, de l’intérêt général, celle qui est en harmonie avec la Fraternité et la concorde entre les humains, celle qui prend soin des équilibres vitaux et environnementaux de la Création. Ce qu’on peut appeler aujourd’hui une vie en conscience.

Ce que Jésus appelle la Volonté de Dieu-le-Pere, nous en distinguons les formes par notre intuition et notre connaissance issue de l’étude et la méditation des actes et des paroles de Dieu-le-Fils, puisque Dieu-le-Fils réalise les œuvres conçues par Dieu-le-Pere. C’est ici qu’intervient la 3eme partie de Dieu-Trinité : le Saint Esprit dont il n’est pas question dans ce passage. Il est la partie de Dieu-Trinité dans la Création, la part qui descend dans les éléments de la Création, Il est l’Esprit de Dieu-Trinité. En écoutant et en croyant, il se révèle dans notre esprit, à nous de le découvrir, le reconnaître et le cultiver ne nous-même. C’est par Lui que nous pouvons chercher la Volonté de Dieu-le-Pere et en acquérir une connaissance intime et personnel pour naître et grandir en Esprit. 

<- Jean 5, 1-17 Quand Jésus a l’initiative du Miracle, contre les règles et la superstition

Jean 5, 31-47 Les témoignages ->

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Jean 5, 1-17 Quand Jésus a l’initiative du Miracle, contre les règles et la superstition

Spéculation spirituelle et personnelle sur l’évangile de Jean

Le texte biblique

L’évangile de Jean se distingue des 3 autres évangiles par sa composition, son ordre, son style et ses sources. Il est considéré comme symbolique. Je présente mon travail spéculatif sur cet évangile particulier.

Ce passage est le récit d’un miracle à l’initiative de Jésus. Ce n’est pas un Miracle qu’on lui demande (ou commande) comme dans le passage précédent. La scène se passe près d’une porte de Jérusalem, vers un bassin soit disant miraculeux. Il y a peut être une symbolique liée à la porte des brebis, au nombre 5 des portiques ou au nom du bassin, mais je ne la connais pas. Ce qui me semble faire sens ici, c’est la remise en cause des superstitions et des règles religieuses insensées.

Dans cette piscine miraculeuse, ceux qui le peuvent se jettent dedans quand l’eau ondule et le premier est censé être guéri. Image d’un système de santé organisé sous le principe de la concurrence pourrait on dire avec nos yeux d’occidentaux du 21eme siècle. Au delà du ridicule de la superstition, il y a le ravage de la compétition. Tous ont besoin de guérir, au lieu de s’allier, ils s’affrontent pour une solution à l’efficacité douteuse. Image de la bêtise des croyances dénuées de toute attache avec le système spirituel. C’est peut être ici que l’on pourrait trouver un critère discriminant entre croyance et superstition : l’inscription ou non dans un système spirituel.

Ce n’est pas sur la thématique de l’entraide que Jésus intervient, pourtant l’Amour de prochain, le soin mutuel est bien une source pour établir un système solidaire. Jésus intervient auprès de ces désespérés qui ne se raccrochent plus qu’à cette histoire de fontaine miraculeuse, par un seul individu, le plus faible, le perdant, tellement perdant qu’il n’est jamais partant sur la ligne de course. Peut-être espère-t-Il que cette personne une fois “libérée”, va à son tour continuer l’œuvre libératrice à son échelle, dans son milieu, vers ses semblables.

Plus qu’à la maladie, je crois que Jésus guérit aussi de la superstition et de la soumission. D’abord, Il lui demande “Veux tu être guéri ?”. C’est peut être idiot mais c’est important ici. Ainsi l’Action Divine ne s’opère que par notre consentement et accord. Dieu, par Jésus, n’agit pas de façon unilatéral. C’est une coopération. A Dieu le Pouvoir, à nous la Volonté. C’est pourquoi Il ne règle pas le problème de tous d’un coup, Il fait confiance à l’action humaine éclairée par la grâce de Dieu. La guérison, le miracle, est aussi simple que de croire que la Parole :”lève toi prend ton lit et marche” soit efficace. Superstition ?  

Mais Jésus, s’il fait des miracles pour soulager les maux de l’existence, fait aussi des miracles pour enseigner, dénoncer, affronter. Quand Il a l’initiative du Miracle, c’est pour autre chose que l’objet du Miracle. Ici, c’est l’occasion pour Jésus de s’attaquer à la règle du Sabbat et à travers cette règle, toutes les règles religieuses. Il s’attaque ainsi à une croyance quasi superstitieuse où il suffit d’obéir à des règles définies pour atteindre sagesse, sainteté et partager l’essence divine. En s’attaquant à cette croyance, déviation due à l’emprise matérialiste sur la religion, Il réhabilite le fait qu’une croyance doit reposer sur un socle spirituel et non matériel sinon elle devient une superstition. Dieu agit tous les jours, l’action de Dieu ne s’enferment pas dans des règles humaines ou matérielles. Ce dont elle a besoin, c’est uniquement de notre Volonté et notre consentement. A trop s’enfermer dans les règles, on s’éloigne de Dieu, et l’essentiel devient invisible à nos yeux, voilà ce que dit Jésus.

Dans un système spirituel, le chemin initiatique c’est l’action, pas l’obéissance aux règles.

<- JEAN 4, 43-54 : L’ambiguïté des miracles pour Jésus

Jean 5, 18-30 La nature trinitaire de Dieu expliquée par Jésus ->

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JEAN 4, 43-54 : L’ambiguïté des miracles pour Jésus

Spéculation spirituelle et personnelle sur l’évangile de Jean

Le texte biblique

L’évangile de Jean se distingue des 3 autres évangiles par sa composition, son ordre, son style et ses sources. Il est considéré comme symbolique. Je présente mon travail spéculatif sur cet évangile particulier.

Dans ce passage, nous sommes face à un récit de miracle, avec même une espèce de preuve de sa véracité quand l’officier du Roi procède au recoupement entre le moment où il a obtenu le miracle de Jésus et le moment où son enfant a été guéri. Mais plus qu’une plaidoirie sur la véracité des miracles, je crois que nous sommes plutôt devant un passage qui montre l’ambiguïté des miracles pour Jésus. 

Ce parti pris d’interprétation est soutenu par la référence au premier acte public de Jésus dans l’Evangile de Jean : la transformation de l’eau en vin aux noces de Cana. (cf mon article à ce sujet ) où de mon point de vue, Jésus cède à la nécessité en faisant un miracle alors qu’Il n’avait pas imaginer “entrer en scène” comme cela.

Jésus a un rapport ambivalent avec les miracles. Il sait que ce n’est pas là l’essentiel de son message ou de sa mission mais c’est par eux qu’il peut intéresser, susciter l’attention, provoquer l’écoute de la Parole pour espérer éveiller la foi en Celle-ci. Bien sûr, Il sait aussi que le Miracle soulage la condition humaine de sa dureté. Mais Il s’en lamente, comme un avertissement à ne pas se satisfaire de trop de facilité ou de trop de pragmatisme dirait on aujourd’hui : “Si vous ne voyez pas des miracles et des prodiges, vous ne croyez point !”. Comme si la force de la Parole ne suffisait pas pour le commun des mortels à emporter l’adhésion des consciences mais qu’à cette force il fallait préférer l’éblouissement du Miracle… Jésus a l’air désolé de cette médiocrité d’esprit, les humains préférant les miracles utiles, à la spiritualisation de leur matière.

Le Miracle est un piège pour Jésus. A la fois c’est la preuve de la véracité de son essence et de sa mission et à la fois il emprisonne Jésus dans une approche matérielle de la part de son auditoire. A la fois le Miracle ouvre les yeux et les oreilles mais à la fois il ne permet pas à la Parole de pénétrer dans les consciences créant un obstacle matériel : l’attente du Miracle procède d’une approche matérielle et non spirituelle.

Comme aux noces de Cana, Jésus se destinait à autre chose, Il semblait vouloir s’attaquer à l’adage “Nul n’est prophète en son pays”, mais il est “rattrapé” par les contingences humaines qui veulent ici et maintenant s’affranchir de la souffrance inhérente à la condition humaine. Jésus ne peut résister. Qui, sinon un monstre, résisterait à guérir un enfant mourant s’il en avait la puissance et le pouvoir ? Surtout pas Lui, pas Jésus. Jésus est aspiré par la foule à faire plutôt des miracles que des prêches. Des politiques, on demande du pain et des jeux, aux religieux, on en attend du merveilleux… Malgré cela Jésus ne désespère pas des humains et continue à prêcher à la moindre occasion qui lui est laissée, même si sur mille, un seul voudra bien accéder à la Connaissance… Dans le système spirituel, on ne mesure l’efficacité à la quantité mais à la qualité, contrairement au système matériel.

Cette interprétation fait penser à l’allégorie de la Caverne de Platon : celui qui a vu la Lumière et revient pour “libérer” ses compagnons, celui-ci se fait tuer par ses compagnons qui préfèrent s’émerveiller du spectacle des ombres sur la paroi plutôt que de briser leurs chaines, comprendre le monde et aller vers l’inconnu des sphères supérieures…

<- JEAN 4, 28-42 : L’entretien avec La Samaritaine (suite et fin)

Jean 5, 1-17 Quand Jésus a l’initiative du Miracle, contre les règles et la superstition ->

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JEAN 4, 28-42 : L’entretien avec La Samaritaine (suite et fin)

Spéculation spirituelle et personnelle sur l’évangile de Jean

Le texte biblique

L’évangile de Jean se distingue des 3 autres évangiles par sa composition, son ordre, son style et ses sources. Il est considéré comme symbolique. Je présente mon travail spéculatif sur cet évangile particulier.

La femme s’en va chercher les hommes pour qu’ils voient (à rapprocher des femmes qui les premières voient le tombeau vide et rencontrent Jésus ressuscité puis vont prévenir les disciples masculins). Pendant ce temps Jésus enseigne à ses disciples. Encore une fois, il leur propose de regarder et comprendre autrement. Il choque leur entendement et leurs habitudes, encrassés qu’ils sont dans le système matériel.
Il nous enseigne ici que la nourriture spirituelle se trouve dans le don, la réciprocité et le travail. Un travail particulier : celui d’achever l’œuvre de ceux ou celui qui a semé avant. Il se nourrit de sa mission. Cette notion est présente souvent dans les évangiles. Nous trouvons de la satisfaction et de la nourriture quand nous œuvrons pour l’intérêt collectif en oubliant notre intérêt propre. Un système parfait serait un système où tout le monde agirait selon l’intérêt général volontairement et de son propre chef, conscient et confiant du fait que leur intérêt s’y trouvera comblé. En même temps, il y a là la notion d’œuvre collective à travers l’histoire humaine, une idée d’héritage et de tradition. Nous prenons la suite d’autres et nous préparons le terrain pour les suivants. Le collectif est non seulement spatial mais aussi temporel. Cette notion est importante dans un système sans classe et sans Etat, car dès lors que la Perfection est décrétée, les classes et l’Etat se reconstituent. La Révolution n’est qu’un début, qu’un baptême, qu’une initiation et non un aboutissement. Nous ne sommes jamais parvenu et chaque jour nous avons à parfaire l’œuvre collective, la société parfaite est nécessairement dynamique et non statique. Le fait qu’elle œuvre à son perfectionnement participe de cette Perfection. Elle est ce qu’elle cherche à être dès qu’elle s’engage dans cette quête. C’est un paradoxe dans le monde matériel mais pas dans le monde spirituel.
Jésus appelle à être conscient de ce dont nous avons hérité des autres et de ce que nous laisserons aux suivants. Le sens de la vie se trouve dans cette transmission.
Sur un autre plan, spirituel, Jésus enseigne le véritable chemin : il ne s’agit pas d’obéir et d’être soumis, il s’agit de continuer l’œuvre de Dieu qui a semé et d’amasser en Esprit. Cela est en adéquation, en cohérence avec l’idée générale que le Royaume de Dieu est le Domaine de l’Esprit et uniquement cela. Point de paradis ou récompense post mortem. C’est ici-bas que nous construisons ce qui nous survivra en vie éternelle. Nous avons à moissonner ce que Dieu a semé et Christ cultivé.
Que veut dire “moissonner” ? Dieu sème : c’est l’Amour dont nous sommes capables. La Lumière constamment allumée. Jésus cultive, c’est apprendre à voir et écouter la Lumière, apprendre à vivre en Esprit. “Moissonner” ne serait-il pas alors d’organiser le monde selon cette Lumière, faire quelque chose des grains de l’épi que Jésus a fait grandir. “Moissonner” c’est aussi préparer la prochaine semence et transmettre ainsi l’œuvre de Dieu.”Moissonner”, c’est être un disciple du Christ et révéler les Esprits pour les libérer du monde matériel, en commençant par le sien.
Le passage termine par une note d’espérance : les Hommes se sont intéressés à Jésus pour son côté devin et ils ont mis leur confiance en Lui pour sa véritable nature, Sa Parole les a transformé. Du vil plomb, l’or peut jaillir…

<- JEAN 4, 1-27 : L’entretien avec La Samaritaine

JEAN 4, 43-54 : L’ambiguïté des miracles pour Jésus ->

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JEAN 4, 1-27 : L’entretien avec La Samaritaine

Spéculation spirituelle et personnelle sur l’évangile de Jean

Le texte biblique

L’évangile de Jean se distingue des 3 autres évangiles par sa composition, son ordre, son style et ses sources. Il est considéré comme symbolique. Je présente mon travail spéculatif sur cet évangile particulier.

Nous venons de toucher du doigt l’enseignement ésotérique de Jean avec la fin du 3eme chapitre : Le système de l’Esprit est fondamentalement différent de celui de la Matière et là où la Matière voit rivalité, l’Esprit voit complémentarité (Jésus qui baptise). La voie sacrée part de la Matière pour aller à l’Esprit, ainsi s’accomplit l’Homme.
Jésus repart pour la Galilée et passe par la Samarie, au pays des fontaines de Jacob. Jésus parle d’eau vive et la femme ne comprend pas ou plutôt elle interprète dans son système matériel, il lui parle d’elle et elle le reconnaît comme prophète. Ce n’est pas en parlant d’eau vive que Jésus est reconnu comme prophète alors que là réside certainement un véritable enseignement. Non, la Samaritaine le reconnaît comme prophète parce qu’Il lui dévoile des choses sur elle, comme un voyant. Nous avons encore là une illustration de la différence entre le monde de la Matière et celle de l’Esprit. La femme y voit une occasion de discourir sur un différent religieux au sujet de Jérusalem, là encore : manifestation de l’emprise du matériel sur le spirituel par le religieux cette fois ! Jésus saisie l’occasion pour rappeler que Dieu est d’ordre spirituel et qu’il ne peut être enfermé dans aucune contingence matérielle “ni sur cette montagne, ni à Jérusalem” et “ceux qui adoreront le Père en Esprit et en Vérité”. La femme délivre alors l’espérance religieuse qu’elle porte : un messie viendra qui nous expliquera toute chose, son espérance est constituée non pas d’un messie qui sauve, mais un messie, un Christ qui annonce, qui enseigne. Le Salut viendrait il de la Connaissance ?
Mais elle vient de recevoir un enseignement sur l’eau vive et sur l’adoration véritable et elle ne l’a pas reconnu comme tel. Enseignement qu’elle est incapable de reconnaitre car il n’obéit pas aux règles matérielles dans lesquelles elle baigne. Et les Hommes comprennent, pensent et agissent selon les règles matérielles (ils sont de la Terre). Là est le sens du baptême, de la conversion et de la nécessité d’être “comme un enfant” pour voir, entendre et comprendre. Il faut passer d’une vision Matérielle à une vision Spirituelle. Il faut changer sa grille d’analyse, son échelle de valeur, son cadre de références, de repère au sens géométrique du terme. Là où nous ne nous attardions pas, maintenant il faut s’y abreuver… Comme le répète Jésus : “Mon Royaume n’est pas de ce monde”. Suivre Jésus, c’est chercher à vivre en Vérité et en Esprit et donc quitter progressivement le monde matériel, sa logique, sa structure, son fonctionnement, son système de valeur. En ce sens, c’est une Révolution Intérieure.
Les Organisations Religieuses ne peuvent pas être Sainte, de ce point de vue, car elles appartiennent irrémédiablement au monde Matériel puis qu’elles y vivent. Elles ne sont pas mauvaises, mais elles ne sont pas Saintes. La Sainte Eglise Catholique n’existe pas, il n’existe que l’Eglise Catholique Romaine. Idem pour l’Etat et le Marché, ils régissent l’ordre matériel, s’en remettre à eux nous lie à ce monde et nous empêche de progresser sur la Voie Sacrée.
Les disciples de Jésus sont encore emprunts de la logique matérielle : ils s’étonnent qu’Il enseigne à une femme et aucun n’a osé demandé au Maître la teneur et le pourquoi de ce dialogue / enseignement à la mode platonicienne. Peut être parce qu’initiés, ils avaient reconnus intérieurement que cette curiosité / jalousie n’était pas du Royaume de Dieu. Si “Nul ne dit” pourquoi est ce écrit dans la Bible ? A nous de spéculer pour cherche le sens… Tout comme “l’eau vive” … Qu’est ce que c’est pour vous ? Comment comprendre ce symbole ?

<- JEAN 3, 22-36 “Jean et Jésus” puis “Celui qui vient d’en haut”

JEAN 4, 28-42 : L’entretien avec La Samaritaine (suite et fin) ->

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JEAN 3, 22-36 “Jean et Jésus” puis “Celui qui vient d’en haut”

Spéculation spirituelle et personnelle sur l’évangile de Jean

Le texte biblique

L’évangile de Jean se distingue des 3 autres évangiles par sa composition, son ordre, son style et ses sources. Il est considéré comme symbolique. Je présente mon travail spéculatif sur cet évangile particulier.

Jésus baptise, Jean aussi, en un endroit où il est dit que les eaux sont abondantes. Pourquoi ? Il ne faut pas beaucoup d’eau pour baptiser ! Peut être fait-il simplement référence à une profondeur suffisante et nécessaire pour immerger les candidats… Mais peut être y a t il un portée symbolique : l’eau est l’élément qui apporte la vie, la nourriture, c’est un véhicule qui assure un bon approvisionnement. Qu’il y ait beaucoup d’eau signifierait-il que le lieu était propice spirituellement ou énergétiquement ?
L’action de Jean était l’occasion pour les cherchants véritables et sincères de poser les questions qui tournaient en rond dans leurs esprits. Là un Juif pose la question de la purification, certainement pour comprendre l’action de Jean dans son référentiel culturel de Juif pratiquant.
Les disciples de Jean et le Juif demandent à Jean pourquoi un homme que Jean a baptisé se permettait lui aussi de baptiser ! On comprend là toute l’influence de la matérialité, comme si le baptême était la propriété de Jean. On retrouve des réflexes tribaux. Le voile des apparences n’est pas encore tombé pour ceux là et ils n’ont peut être pas compris la portée spirituelle et symbolique du baptême. Et Jean qui est instruit aux choses de l’Esprit, répond à ces profanes englués dans le monde de la Matière : Celui qui possède des attributs de l’Esprit, les détient de l’Esprit, il ne peut l’acquérir de force, il ne peut les hériter de la Matière. Et Jean enseigne sur lui et Jésus : “Il faut que lui croisse et que je diminue”. On voit là le sens du sacrifice, du devoir, de l’accomplissement de sa part au Grand Œuvre qui caractérise ceux qui sont nés de l’Esprit. Ce n’est pas une obéissance démissionnaire ou docile ou servile, ce n’est pas une prostitution de sa dignité ! C’est la force de la conviction, de la conscience, de la connaissance des choses ! Quand on rencontre la Vérité, on ne peut que lui obéir, la démonstration est terminée… Jean sait, il n’a plus à avoir peur pour lui-même. Il œuvre au Grand Œuvre et là est sa grâce, là est son salut.
Puis Jean revient sur le sens de leur intervention : “Celui qui vient du Ciel rend témoignage de ce qu’il a vu et entendu”. Si ses disciples lui posent cette question (Pourquoi Jésus baptise ? ), c’est parce qu’ils sont de la Terre (le Monde de la Matière) et que leur esprit est encore dominé par le corps, les relations sociales, les us et coutumes, la peur des autorités temporelles, tout ce qui fait ce monde livré à lui même (non animé par l’Esprit). Et il leur dit que celui qui a reçu l’Esprit celui-là témoigne et connaît la Vérité, il ne la sait pas mais il la connaît. C’est assez logique. Celui qui veut connaitre la Vérité doit se mettre à sa portée et pour se faire quitter ce monde matériel ou en tout cas s’en détacher, se libérer de son influence. Dieu ne se donne et ne peut se donner qu’à ceux qui veulent sincèrement le recevoir. C’est à dire sans rien attendre en retour et au risque de se retrouver dans l’erreur. Dieu étant Amour, il ne peut s’imposer et quand il donne, il ne peut donner avec parcimonie, un Amour se donne entièrement. Il en est de même pour l’Esprit. Recevoir l’Esprit, c’est se libérer des entraves matérielles, c’est irréversible, donc sans mesure, infini et inquantifiable. Peut être est ce nous qui “filtrons” Dieu ?
“Qui croit au Fils, a la vie éternelle”. Après l’enseignement de Jean, il ne faudrait pas retomber dans l’erreur de la Matière qui ne peut comprendre l’Esprit. Il ne s’agit pas d’un monopole, d’un exclusivité qui exclurait toutes les autres traditions spirituelles et religieuses. Jésus ne vient pas sur Terre pour fonder une religion mais pour accomplir le Grand Œuvre : l’Homme qui retourne au divin. Le Fils est plus que la personne historique de Jésus de Nazareth. Il est un processus par lequel la matière se transmute en pur esprit. Les Hommes sont la seule espèce à pouvoir réaliser ce processus. Ce processus ne peut être enfermé, contenu dans un fonctionnement matériel (Eglise, Religion, …) Il est forcement commun à toutes les traditions qui se dirigent sincèrement vers la divinisation des Hommes. Et tout cherchant sincère et véritable qui croise Jésus le reconnait au moins comme maître sinon comme LE maître.
La Vie Eternelle n’est pas une récompense après une vie de bons et loyaux services. Là encore ce serait une vue matérielle. Comment le spirituel pourrait être fait des plaisirs matériels ? La Vie Eternelle commence ici-bas. Lorsqu’on reçoit l’Esprit, on sait ce que c’est que la Vie Eternelle. La matière reviendra à la matière, ce qui est corruptible sera corrompu. Et ce qui a été construit dans l’Esprit, c’est cela la Vie Eternelle : la participation à Dieu que nous faisons ici-bas dans nos vies. Et celui qui a reçu et qui reste dans la matière, celui là ne peut logiquement pas bénéficier de l’Esprit, voilà ce qu’est la colère de Dieu. Point de châtiment, de malédiction, Dieu est Amour, il tend toujours ses bras. Le Monde Matériel est la colère de Dieu, car c’est le Royaume binaire des contradictions et des luttes, l’Esprit nous y soustrait pour nous élever et transformer le Monde.

<- Jean 3.1-21 L’entretien avec Nicodème

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