Ce labyrinthe vient clore un cycle de la voie initiatique des labyrinthes. C’est la forme qui est la plus répandue de la famille des « pétaloïdes », c’est à dire les labyrinthes construits à partir de la croix et des quatres points accompagnés ou non d’équerres dans chaque quartier ainsi formés. Cette forme est la plus ancienne, la plus répondues à travers le temps et l’espace. Nous retrouvons ainsi le labyrinthe pétaloïde à 7 circonvolutions de la préhistoire aux temps contemporains sur le pourtour méditerranéen, les îles britanniques, la Scandinavie, l’Inde, l’Amérique du nord, …. Peut être qu’il est la forme la plus rencontrée car il est celui qui émerveille, qui transforme, qui exalte le plus ?

Allons dans ce labyrinthe pour explorer son parcours.
Le labyrinthe 7 : 3ème grade de la voie initiatique
Pour rappel, ma théorie est que les labyrinthes pétaloïdes forment une voie initiatique, c’est à dire une progression par laquelle l’individu chemine de sa bestialité vers sa divinité. C’est l’enjeu qui traverse l’Humanité depuis son existence, c’est à dire à partir du moment où les hominidés ont eu suffisamment conscience d’eux-mêmes. Une voie initiatique est une voie de développement de la personnalité, des capacités cognitives, spirituelles, ou techniques. Cette quête traverse les civilisations, les âges et les espaces, elle a inspiré les religions, les écoles spirituelles, philosophiques ou initiatiques. Une voie initiatique commence par un choc, continue par des épreuves et aboutit à l’acquisition d’une connaissance. Les labyrinthes en propose un terrain applicatif. Il n’en propose ni une standardisation par le dogme, ni un catéchisme formalisé par une religion mais un support ouvert pour que chacun, selon sa culture, ses croyances et ses traditions, puissent vivre ce chemin de la bestialité à la divinité, du plomb à l’or, de l’humain vil à l’humain éclairé, fraternel et harmonieux avec l’Univers. Dans cette théorie de la voie initiatique des labyrinthes, le labyrinthe à 3 circonvolutions représente le grade de l’apprenti, sa médecine est le soin à soi, sa devise est « connais-toi, toi-même », son univers symbolique est celui du nombre 3 et il est associé au soufre alchimique. Le labyrinthe à 5 circonvolutions représente le grade de compagnon, sa médecine est l’ouverture du cœur et de l’esprit, sa devise est « nul n’entre ici s’il ne connaît le 3 », son univers symbolique est celui du nombre 5 et il est associé au mercure alchimique. Le labyrinthe à 7 circonvolutions représente le grade de maître, sa médecine est l’unité spirituelle avec l’univers, sa devise est « Fata viam invenient » (le destin trouvera toujours un chemin), son univers symbolique est celui du nombre 7 et il est associé au sel alchimique. La théorie de la voie initiatique des labyrinthes repose sur le continuum d’un labyrinthe à l’autre, aux enseignements spécifiques de chaque labyrinthe compris dans le type de progression proposé par son parcours et à la cohérence des enseignements entre eux et la pertinence de leur enchainement.

Décryptage du voyage dans un labyrinthe 7
Ceci étant posé, entrons dans ce labyrinthe à 7 circonvolutions et analysons le parcours qu’il nous propose pour en comprendre son sens profond. On entre dans ce labyrinthe comme on entre dans le labyrinthe 5 : par la 3ème circonvolution. Les circonvolutions sont les tours que nous fait faire le labyrinthe autour du centre. Je numérote les circonvolutions de 1 à 7 de l’extérieur vers l’intérieur, de sorte que la 1ere circonvolution est celle la plus à l’extérieur du labyrinthe et non la 1ère qui est parcourue. Avec cette technique de repérage, on peut plus aisément comparer les parcours des différents labyrinthes.

Le parcours dans le labyrinthe commence donc par la 3ème circonvolution en partant de l’extérieur. Il y a une similitude d’entrée avec le labyrinthe 5. Reprenant l’analyse du parcours du labyrinthe 5, on entre donc dans le labyrinthe 7 comme si on sortait du centre du labyrinthe 3. La suite du parcours confirme ce point de vue puisque comme dans le labyrinthe 5, la progression dans le labyrinthe 7 donne l’impression de nous éloigner de notre but (le centre) en passant par la 2ème circonvolution puis la 1ére. Nous avons l’impression que nous allons sortir du labyrinthe sans avoir pu atteindre le centre quand tout d’un coup, de la première circonvolution nous sommes projetés à la 4ème circonvolution par un grand pas, passage magique ou raccourci accéléré. Cette première séquence du parcours est similaire à celle du labyrinthe 5, ce qui conforte l’idée d’un continuum symbolique et initiatique entre les 2 labyrinthes. Dans la voie, il y a le 3 d’un côté et les 5 et 7 de l’autre dans la manière d’entrer dans le labyrinthe. Ce qui conforte l’idée qu’il faut avoir pratiqué et étudié le 3 pour comprendre le 5 et le 7 et que la devise du 5 est bien similaire au « Sic Non Impii » de la Bible ou le « nul n’entre ici s’il n’est géomètre » des Pythagoriciens. Il faut être initié par le labyrinthe 3 pour entrer dans le 5 ou le 7. Ce parcours qui commence par la 3ème circonvolution et finit par la première avant de subir l’ascension à la quatrième, est là pour nous rappeler les enseignements du labyrinthe 3 et nous préparer à entrer dans un autre espace du labyrinthe : l’espace spirituel. Ces 3 premières circonvolutions représentent l’espace matériel du labyrinthe, la partie en relation avec l’extérieur. Si on donne comme pour le labyrinthe 3, la valeur « corps » à la première circonvolution, « esprit » à la 2ème circonvolution et « âme » à la 3ème circonvolution, cette séquence de début de parcours est donc là pour nous aider à nous connecter à notre âme (le labyrinthe 3 nous a appris à nous connecter à notre âme) puis à aligner notre esprit à notre âme , puis à aligner notre corps à notre âme, ainsi nous arrivons aux portes de la 4ème totalement aligné. Cette séquence 3-2-1 porte donc la fonction de nous purifier, de nous préparer comme il convient, elle a la fonction du parvis où les fidèles se purifient avant d’entrer dans la partie sainte du lieu sacré.

Une fois dument préparé, nous sommes projetés par un couloir de la 1ère à la 4ème. Nous sommes autorisés à entrer dans la partie sainte qui commence à la 4ème circonvolution. C’est une sorte d’ascension où nous quittons en partie notre condition humaine et terrestre pour nous ouvrir par le cœur et l’esprit à plus grand que soi, à commencer par ce qui nous entoure immédiatement : notre environnement, nos proches, les plantes, le territoire, les animaux, notre communauté… Puis élargissant toujours plus loin, nous nous ouvrons aux grands ensembles auxquels notre personne appartient : la nature, les écosystèmes, l’Humanité, ….

Après cette 4ème circonvolution sous le signe de l’ouverture et du dépassement de soi et de la sphère individuelle, nous sommes de nouveau projetés par un couloir accélérateurs à la 7ème circonvolution ! On touche au but sans réellement l’atteindre. Une fois le cœur et l’esprit ouvert, conditions minimales pour ce faire, le labyrinthe nous envoie au plus près du but et nous fait approfondir ce que le 5 nous a enseigné. Nous comprenons à ce stade que la 4ème circonvolution est la circonvolution intermédiaire entre la partie du labyrinthe en relation avec l’extérieur ou la matière, les circonvolutions 1, 2 et 3 et la partie du labyrinthe en relation avec l’intérieur ou l’esprit, les circonvolution 5, 6 et 7. Cette 4ème circonvolution est un entre-deux, un sas, une circonvolution d’adaptation, un palier de décompression ou d’acclimatation. Le labyrinthe 5, après cette 4ème circonvolution, nous propose d’explorer cette partie spirituelle, ce nouveau monde, de façon prudente, méthodique, progressive avec la 5ème circonvolution puis le centre, de la même manière et avec la même pédagogie du labyrinthe 3 qui nous a fait explorer notre intérieur, progressivement, étape par étape, en commençant par la 1ere, la plus extérieure, puis la 2eme un peu plus proche du centre et intermédiaire et enfin la 3ème, la plus proche du centre. Le labyrinthe 3 nous a fait explorer notre monde intérieur avec prudence, courage et persévérance. Le labyrinthe 5 nous a fait explorer le monde-qui-nous-dépasse de la même manière. Ce monde divin, invisible, spirituel, qu’il convient de découvrir avec foi, espérance et amour.
Dans le labyrinthe à 7 circonvolutions, après la 4ème circonvolution nous arrivons dans la 7ème circonvolution puis la 6ème et enfin la 5ème. On retrouve là l’autre pédagogie du labyrinthe : quand il s’agit d’un espace déjà exploré, expérimenté, le labyrinthe nous envoie le plus loin possible dans ce monde déjà exploré et nous fait approfondir notre connaissance par une prise de recul, un pas de côté qui nous permet pourtant d’avancer. Ce mouvement de grand pas puis d’apparente régression ou éloignement radial par rapport au centre semble être un processus de constitution de la connaissance où on revisite l’idéal ou la théorie, la forme la plus pure que l’on connaisse de l’objet (7eme circonvolution) puis on met cette connaissance théorique à l’épreuve de la cohérence principielle (6ème circonvolution) et à l’épreuve des faits applicatifs (5ème circonvolution). La voie des labyrinthes préconise alors le double mouvement pour accéder à une connaissance (gnose) : le mouvement progressif de découverte de la pratique à la théorie et le mouvement régressif de consolidation de la théorie à la pratique. Le labyrinthe initie ainsi notre esprit à alimenter notre savoir théorique par notre connaissance pratique et empirique, l’alliance des 2 fonde la connaissance.
Le labyrinthe 7 est donc constitué de 2 mouvements régressifs et un mouvement progressif global.
- 3-2-1 : mouvement régressif 1
- 4
- 7-6-5 : mouvement régressif 2
Le labyrinthe 7 est alors comme un labyrinthe 3 auquel les circonvolutions 1 et 3 auraient été démultipliées. Le 7 rejoint le 3.

A l’issue de ce 2eme mouvement régressif 7-6-5 où le méditant est amené à mettre à l’épreuve ce qu’il a cru comprendre ou percevoir grâce au labyrinthe 5, fortifiant ou rectifiant ainsi sa connaissance du monde spirituel, le labyrinthe 7 nous fait faire un dernier grand saut de la 5ème circonvolution au centre du labyrinthe où le méditant accède à l’expérience mystique, après avoir purifié son corps terrestre (3-2-1) et consolider sa connaissance spirituelle (7-6-5), il peut accéder à un nouveau plan de conscience supérieur et approcher l’expérience divine. En parcourant ce labyrinthe, nous comprenons comme dans le 5, que le Tout est dans le Un et une fois au centre que le Un est dans le Tout. Le 5 nous a fait découvrir que nous appartenons à des ensembles plus grands, le 7 nous fait comprendre qu’il y a en nous une part de ce plus grand que nous. C’est l’expérience de l’Unicité. Nous découvrons notre singularité au labyrinthe 3 qui nous apprend à l’assumer et la cultiver. Le 5 nous apprend à la mettre au service de plus grand que nous. Le 7 nous fait prendre conscience que notre singularité est aussi une part d’un Grand Tout et que ce Grand Tout est aussi présent dans chaque singularité. Ce au service de quoi nous mettons notre singularité doit être le plus grand possible pour être le plus juste, le plus vrai, le plus sage.
La 2ème séquence régressive (7-6-5) nous fait retravailler ce que nous connaissons du monde spirituel, du Royaume de Dieu. Ce parcours régressif est une pédagogie réflexive. Nous sommes appelés à éprouver la robustesse et la cohérence de nos connaissances. Pour passer de l’intuition ou de l’inspiration à la connaissance, il est nécessaire de la mettre à l’épreuve de certaines opérations pour s’assurer de la cohérence avec l’ensemble dans lequel elle doit s’inscrire, d’un point de vue des principes et des valeurs d’abord puis en relation avec les autres éléments de cet ensemble, édifice spirituel, temple philosophique. Une fois ces opérations accomplies et l’intuition ou inspiration devenue connaissance, le méditant est projeté au centre pour une autre expérience de Dieu, du Tout.

Dans les labyrinthes 7 pétaloïdes, les grands pas 0-3, 1-4 et 5-centre sont verticaux et le grands pas 4-7 est horizontal. Il est moins spectaculaire mais est bien présent. Le mouvement horizontal évoque non pas l’ascension comme au labyrinthe 5 mais le pas de côté, la translation, le glissement comme une prise en compte d’une autre réalité simultanée. Le centre est toujours une expérience ouverte. On s’y abandonne, en pleine confiance et en pleine conscience, sécurisé par les circonvolutions qui nous entourent. Il est possible qu’à chaque labyrinthe, l’expérience du centre nécessite une protection plus importante, d’où le nombre croissant de circonvolutions. La toponymie des labyrinthes en Scandinavie et dans les îles britanniques évoquent souvent des châteaux de Trolls (Trojaborg) ou la ville de Troie (Caerdroia) ou celle de Jéricho, réputées imprenables. Le centre des labyrinthes est alors un lieu sûr où le méditant peut laisser libre cours aux transformations et aux expériences. Dans la perspective que les labyrinthes sont non seulement des systèmes de protection mais aussi des sas, le labyrinthe 7 exige une double purification sur le parcours aller avant d’accéder au saint des saints, une purification matérielle et une purification spirituelle. La régression 7-6-5 peut aussi s’entendre comme la rectification spirituelle (désolé-pardon-merci) selon les commandements divins.
Ainsi des valeurs comme l’abandon de soi, l’obeissance, le renoncement à soi pour se fondre dans le Grand Tout pouvaient être combattus dans le 3 sur un plan matériel (puisqu’elles sont du registre de l’extinction de la singularité), elles sont maintenant promues sur un plan spirituel. Ainsi une même valeur peut être alternativement positive ou négative selon le domaine d’application matériel ou spirituel. Autre interprétation possible de cette 2ème séquence régressive 7-6-5, le labyrinthe 7 nous replonge dans un processus de consolidation d’apprentissage comme pour nous rappeler que nous ne serons jamais arrivés. Qu’à chaque découverte, chaque exploration il faudra faire succéder une phase d’approfondissement, de consolidation. Ainsi quelque soit notre degré d’avancement sur le chemin initiatique qui nous mène à notre moi supérieur ou moi divin, nous devons toujours nous considérer comme des éternels apprentis. Finalement, au bout de cette séquence 7-6-5 et arrivé au centre on comprend que cette soumission volontaire ne peut être faite qu’au profit d’une force supérieure et bonne. En dehors de cette force, point de soumission possible. Plus qu’une soumission, c’est un lâcher prise pour redevenir ce que l’on est vraiment : une part du Grand Tout, c’est un retour à la maison. Ne plus être soi pour être soi.
Après l’expérience du centre, comme dans les 2 premiers labyrinthes de la voie, il faut en sortir et retourner au monde par le chemin qui nous y a emmené. Le chemin du retour est un chemin d’intégration, de mémorisation, d’inscription et de reprogrammation. En sortant du centre, nous subissons un premier envoi vers la 5ème circonvolution pour une séquence progressive 5-6-7. Comme une première mise à l’épreuve suivi d’une rectification en se réabreuvant à la source du centre. Cette séquence est une façon finalement douce de quitter le centre. On prend un peu de distance avec le grand pas vertical Centre – 5 puis on revient vers le centre pour se le remémorer, raviver l’expérience comme pour l’inscrire ou l’éclairer d’un point de vue nouveau après une première mise à distance. Non seulement le labyrinthe ne nous fait pas atteindre le centre directement mais encore nous ne quittons pas le centre directement non plus. La séparation d’avec le centre est comme une respiration faite de 2 mouvements. A près la 7ème, c’est encore un grand pas horizontal qui nous attend vers la 4ème. Le premier grand pas Centre-5 peut nous apparaître comme un test, une tentative, une préparation à ce grand saut 7-4 qui nous fait sortir de l’espace spirituel du labyrinthe (la partie la plus proche du centre). On fait un test pour s’entrainer, on reprend son élan et on corrige quelques paramètres avant de faire le grand saut ! La 4ème circonvolution, nous l’avons vu au mouvement aller, est une zone tampon, un entre-deux qui sépare partie spirituelle et partie matérielle. Ni l’une, ni l’autre, pas encore l’une, plus tout à fait l’autre, elle est le clair obscur d’où tout peut surgir. Cette 4ème circonvolution nous prépare au retour dans la partie matérielle, comme un palier de décompression, un espace d’acclimatation pour atténuer un choc certain. Au bout de cette 4ème circonvolution, le grand saut 4-1 qui nous envoie presque dans le monde matériel extérieur: la première circonvolution, la plus proche de l’extérieur mais encore à l’intérieur. Ce passage peut être vécu comme la chute des anges ou l’envoi en mission, chargé des devoirs de la connaissance : éclairer, montrer, transmettre. Ce grand saut 4-1 est une répétition du grand saut final 3-Extérieur qui sera le véritable envoi dans le monde. La séquence progressive qui suit 1-2-3 permettra là encore de procédé aux dernières corrections, aux derniers réglages avant le vrai saut. Comme pour le labyrinthe à 5 circonvolutions, cette séquence est un ressourcement à l’expérience vécue au centre, une phase d’intégration, de programmation, d’application dans notre propre part matérielle, terrestre, corporelle. Si 1 correspond au corps, 2 à l’esprit et 3 à l’âme, de la même manière que dans le labyrinthe 5, le labyrinthe 7 nous fait rerentrer dans le monde comme une âme et non plus comme un corps. Nous avons bien là la considération initiatique du retour au monde de l’être une fois transformé.
Le parcours dans le 7 peut être finalement rapproché de tous les récits intiatiques basés sur un choc, des épreuves, une mort symbolique, une résurrection, de nouvelles capacités et un retour au monde comme un être différent, dévoué et puissant. La séquence régressive aller 7- 6-5 peut être alors le lieu de cette mort symbolique de l’égo pour un renaissance dans le Grand Tout. L’adepte ressort en dévouant sa vie au service de ce Grand Tout.
Pour savoir si réellement le laby 7 clôt un cycle, il faut rapidement jeter un oeil sur le labyrinthe 9. Le parcours dans ce labyrinthe est 5-2-3-4-1-6-9-8-7- centre. Le rythme de ce parcours est trés différent de celui des labyrinthes 3, 5 et 7. Le 7 clôt bien un cycle. Un nouveau s’ouvre à nous…. à suivre !

