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Jean 3.1-21 L’entretien avec Nicodème

Spéculation spirituelle et personnelle sur l’évangile de Jean

Le texte biblique

L’évangile de Jean se distingue des 3 autres évangiles par sa composition, son ordre, son style et ses sources. Il est considéré comme symbolique. Je présente mon travail spéculatif sur cet évangile particulier.

Ce passage est assez long et surtout très dense. Il semble synthétiser une bonne nuit de discussion intense !
D’abord, sur la qualité de celui qui vient approcher Jésus : Nicodème fait partie des chefs religieux. Il est instruit et administre la religion. Il fait partie du Clergé de l’époque. Comme il est un cherchant sincère plutôt qu’un docteur strict de la Loi, il a reconnu Jésus dans ses grades et qualités. Il sait que Jésus possède des choses spirituelles que lui Nicodème poursuit depuis tant d’années. Il vient la nuit, pour échapper à l’incompréhension et au jugement du monde matériel aveugle à ces choses, pour échapper au jugement de ses paires qui ne reconnaissent pas Jésus, enfermés qu’ils sont dans leur maîtrise technique des Textes et dans l’Administration de la Religion qui les rend indisponibles et aveugles. Nicodème reconnaît Jésus comme Maître (“Rabbi”) C’est à dire comme possesseur des mystères de la Création. Et Jésus lui enseigne que s’il veut lui aussi connaître, il doit changer de monde. Il doit mourir au monde matériel pour naître en Esprit. Il doit se préparer à une vie de pur esprit. Voilà le sens de l’existence : le ventre de la mère prépare à la vie matérielle, l’Homme doit utiliser sa vie matérielle pour se préparer à la vie spirituelle (la vie éternelle ou Dieu). Et c’est cela que Jésus enseigne : la vie en Esprit. Pour s’accomplir, l’Homme doit vivre en Esprit. Cela veut dire quitter le système des distinctions humaines, la course aux pouvoirs, à l’accumulation et aux influences (les métaux). Renaître en Esprit c’est vouloir vivre en harmonie avec la Création, c’est faire ce travail spirituel qui consiste à chercher à embrasser toute la Création en se laissant embrasser par elle. Vivre en Esprit, c’est faire de l’Amour la source de toute pensée, toute réflexion et tout acte ( “Aime ton prochain comme toi même, voici toute la loi et les prophètes”) . C’est un travail de transformation et non une lutte contre soi-même, qui abouti au Royaume de Dieu, qui est le Royaume de l’Esprit, celui qui vit en esprit, entre au Royaume de Dieu, car l’esprit est dans le domaine de ce royaume (à considérer mathématiquement) ! Vivre en esprit, c’est raisonner la Matière par l’Esprit, politiquement, c’est l’organisation anarchiste de la société, (compas sur l’équerre). Cette Vérité se donne à tout cherchant sincère et Jésus s’amuse à railler le pouvoir religieux qui ne sait même pas ça ! “Tu es maître en Israël et tu n’as pas connaissance de ces choses !” Il souligne ici l’usurpation du religieux sur le spirituel, il dénonce la supercherie que représente tout pouvoir religieux. Et il rappelle la nécessaire humilité : nous ne témoignons que de ce que nous connaissons, sinon nous sombrons dans l’usurpation et la manipulation. Et Jésus délivre le sens de sa venue au Monde à Nicodème (qui devient de fait un Frère, puisqu’il partage le secret) : Dieu envoie son Fils pour donner un sens à l’Humanité : elle sait ainsi où elle doit arriver, Jésus est l’Étoile. Car en vivant d’esprit, on rejoint l’Esprit et on participe à Dieu. Mais Jésus annonce que les hommes préféreront les ténèbres (le monde matériel) à la Lumière (le monde spirituel). La Lumière n’est pas le grand déballage public. La Lumière vient à celui qui s’efforce de vivre en harmonie avec la Création. La Lumière a besoin d’être protégée, veillée, pour ne pas être absorbée par les Ténèbres ou profanée, corrompue, récupérée. Elle doit être donnée graduellement pour éviter tout aveuglement soudain et pour perdurer de génération en génération jusqu’à conquérir toute l’Humanité. Force est de constater, qu’aujourd’hui comme au temps de Jésus, la Lumière n’est pas détenue par le Pouvoir Religieux…

<- Jean 2.23-25 : La foi qui ne suffit pas.

JEAN 3, 22-36 “Jean et Jésus” puis “Celui qui vient d’en haut” ->